mardi 19 août 2014

Pause jus de pomme-lecture: La Compagnie noire, de Glen Cook

"Depuis des siècles, les souvenirs de la Compagnie noire sont consignés dans les présentes annales. Depuis des siècles, la troupe se loue au plus offrant, et les batailles qu'elle a livrées ont déjà rempli maints volumes. Jamais pourtant elle n'aura traversé de période aussi trouble. Entrée au service de la Dame et de ses sorciers, la Compagnie participe à l'une des plus sanglantes campagnes de son histoire. Les combats incessants, la magie noire qui empuantit l'air... bientôt les hommes tombent comme des mouches, et ceux qui restent debout se demandent s'ils ont choisi le bon camp. Ce sont des mercenaires dépravés, violents et ignares, sans foi ni loi, mais même eux peuvent avoir peur, très peur..."

   
      Infos complémentaires:
      Série: Les Annales de la Compagnie Noire (I)
      Auteur: Glen Cook 
      Titre original: The Black Company (1984)
      Traduction par Patrick Couton
      Edition: J'ai lu SF (2004)
      Nombre de pages: 380



En matière de dark fantasy - et même à vrai dire, de fantasy tout court - le cycle des Annales de la Compagnie Noire passe depuis longtemps pour une référence, pour le traitement original de son écriture et de son intrigue. Après en avoir lu et entendu nombre d'éloges, j'ai fini par décider de m'y coller, il y a de ça quelques années, alors que je cherchais justement à satisfaire mon appétit de fantasy. Il m'a pourtant fallu attendre, ne parvenant pas à trouver le premier tome*, et c'est il y a seulement quelques mois que j'ai finalement réussi à lui mettre le grappin dessus. 
Après autant de patience, j'aurais dû sauter sur le livre et le dévorer avec apétit, mais à cause d'une période très chargée, lourde en stresse et "boulot", ma lecture s'est trouvée prolongée sur près d'un mois et demi - de juin à mi-juillet! Ce ralentissement et mes préoccupations d'alors ont peut-être joué un rôle sur mon ressenti final, mais c'est très souvent - toujours? - le cas (vous savez, l'inconscient, et toutes ces bêtises...). Toujours est-il que le bouquin, je l'ai lu, aussi, il est inutile de tergiverser plus longtemps. 


Dans ce premier tome des Annales de la Compagnie noire, nous faisons donc connaissance avec la dite compagnie, une troupe de mercenaires au service du syndic dirigeant la cité de Béryl. Une ville qui n'a pas grand-chose à envier au Quartier des Ombres d'Ankh-Morpok, si vous voyez ce que je veux dire. Mais, alors que l'on commence tout juste à se familiariser avec le lieu, des troubles surviennent, et la Compagnie, trahissant le contrat qui la lie à Béryl pour un autre plus alléchant, se retrouve au service de la Dame et de ses dix Asservis. Des êtres surnaturels, dotés de puissants pouvoirs qui recommencent à sévir dans le Nord, après un sommeil forcé de plusieurs siècles, et rencontrent une farouche opposition. En effet, soucieuse de reconquérir ses terres, la Dame a vu se soulever contre elle une armée de rebelles. Dans cette campagne longue et fastidieuse, elle a donc requiert l'aide de la Compagnie. Mais la crise s'étend jusqu'au sein même de son entourage, puisque certains des Immortels semblent prêts à la trahir pour rejoindre un camp plus prometteur.

On peut dire en tout cas que c'est de la dark fantasy pure et dure. L'ambiance y est suffisamment sombre pour que le livre puisse y prétendre: niveau combats violents, coups bas, trahison et magie noire, dans ce premier tome, avec une touche d'humour pour alléger le tout, j'ai été bien servi! L'univers est également loin d'être manichéen, et les notions de Bien et de Mal se trouvent souvent remises en question. Les personnages eux-mêmes, à commencer par la troupe, sont aussi bien loin des idéaux de vertu traditionnels, même si quelques membres, dont le narrateur, Toubib (le médecin, pour ceux qui en doutaient), font preuve d'un semblant de conscience morale - surtout Toubib, à vrai dire. La Dame et les Asservis eux-mêmes, bien que n'hésitant pas à se montrer horribles dans leurs actes (mais ils ont une excuse, ils sont surpuissants ET maudits) n'en restent pas moins des êtres humains, avec leurs ambitions, leurs sentiments - souvent atrophiés - leurs qualités et leurs défauts. De toute manière, les membres de la troupe ne sont pas blancs comme neige non plus, pas plus que les rebelles, qui au contraire des autres restent assez manichéens dans leur attitude vis-à-vis de la Dame et de ses partisans. (c'est elle la méchante et eux les gentils!)

Une illustration bien sympa de Toubib.
Je le voyais quand même moins vieux.
Si l'aspect dark fantasy du roman m'a plu, en revanche, j'ai eu un peu plus de mal avec l'écriture. Glen Cook a pris le parti d'écrire son oeuvre comme les "véritables" annales de la compagnie, ainsi rédigées à la première personne par l'un des membres de la troupe, à savoir ici Toubib. De ce fait, on a une vision assez subjective des évènements, et les ellipses ne sont pas rares, comme dans un journal de bord où l'on omet généralement les faits peu marquants pour se concentrer plus en détail sur les autres. Le style un peu rugueux quant à lui, reflète bien à mes yeux le côté dark fantasy du roman. Mais l'originalité de l'écriture de Glen Cook réside également dans l'absence quasi-totale de descriptions, au sein d'un genre qui d'habitude ne s'en prive pas. Après tout, le narrateur est censé déjà connaître les personnages qui l'entourent, de même que les différents lieux qu'ils parcourent - qui a besoin de décrire Paris aux français?
Pour les personnages, cela ne m'a pas tellement dérangé - rien de tel que de les voir en action pour s'en faire une opinion. Pour les lieux, un peu plus. J'ai ainsi souvent eu du mal à m'y retrouver, à situer tel ou tel endroit par rapport à tel autre, bringuebalé d'un bout à l'autre de la carte tel la Compagnie.

Sans doute à cause de ce choix de narration (zero description et ellipses importantes en tête), j'ai également trouvé le récit un peu confus au début. Il faut dire que j'étais un peu en manque de repères, et j'aurais bien été incapable de décrire avec précision l'enchaînement des évènement du premier chapitre. (oui, oui, à ce point!) En fait, il m'aura fallu attendre la poursuite du Boîteux, l'un des Immortels renégats, pour que je commence à vraiment accrocher - après pratiquement 120 pages, tout de même!

Pour en revenir à la narration, il me paraît intéressant de rappeler qu'étant laissée aux mains d'un des membres de la Compagnie, elle est subjective. De ce fait, le narrateur se concentre davantage sur les évènements qu'il a vécus et qui l'ont marqué.  Toubib, en tant que médecin, ne participe pas aux combats, du moins pas directement, mais il n'hésite jamais à prendre volontairement part aux missions confiées par la Dame, (et heureusement pour nous, sinon, il n'y aurait pas grand-chose à lire!) et qui concernent souvent l'élimination des Asservis soupçonnés de trahison.
Ce premier tome se concentre ainsi davantage sur la lutte contre les Asservis dissidents, passant sous silence
Sur celle-ci, on reconnaît bien le Capitaine!
nombre d'autres combats, voyages et sièges, ce qui là encore m'a parfois un peu destabilisé, et, je dois dire, gâché l'immersion. On peut ainsi se retrouver d'une ville enneigée à un camp, dans une région à l'autre bout du pays, et quelques semaines plus tard, en quelques lignes à peine - parfois même sans transition. Ces ellipses importantes sont certes un choix de l'auteur, mais j'ai trouvé cela, au début du moins, assez gênant. 
En revanche, un point que j'ai trouvé très intéressant avec certaines de ces ellipses, c'est qu'elles permettent de relativiser les "victoires" de la Compagnie. En effet, même après une mission réussie par quelques membres de la troupe, une victoire dans un combat, ou un supposé dissident éliminé, il n'est pas rare qu'au paragraphe suivant, on retrouve notre bande de mercenaires sur les routes, en pleine fuite à cause d'une défaite des armées de la Dame. Ce qui nous rappelle qu'au fond, nos "héros" sont des humains comme les autres, noyés au sein de la multitude des hommes et que leurs actions peuvent n'avoir aucune influence directe sur la suite des évènements. En ce sens, c'est très différent de la high ou de l'heroic fantasy, où les choix et les actions d'un seul héros décident de l'avenir du monde. (en gros, pour reprendre une fameuse expression, ce n'est pas parce qu'une bataille est gagnée que la guerre l'est)
Je ne sais pas si c'est très clair, mais en tout cas, c'est comme ça que j'aime à l'interpréter.

Pour terminer sur un point positif, j'aimerais citer les personnages, qui sont clairement pour moi l'un des points forts de ce volume. Même au sein de la troupe, tous ne m'ont pas marqué - les âneries de Gobelin et Qu'un-Oeil, les deux sorcier, m'ont laissé plutôt indifférent. Mais ceux que j'ai appréciés ont largement contribué au ressenti positif globale que j'ai eue de La Compagnie noire. Ainsi, je me suis beaucoup attaché au personnage de Toubib, le médecin-narrateur au coeur trop tendre, humaniste, un peu rêveur et poète à ses heures perdues, qui fait vraiment décalé au milieu de ses compagnons, disons, plus... rudes! Au sein de la Compagnie, j'ai aussi su apprécier le blasé mais sympathique Lieutenant, le bougon Elmo, le froid et solitaire Corbeau, finalement plus sentimental qu'il n'y paraît.
Du côté des Asservis, s'ils m'ont globalement un peu déçus, car défaits trop facilement/rapidement à mon goût pour des êtres de cette trempe, ou disparus trop vite pour qu'on j'ait pu les découvrir réellement, quelques-uns ont toutefois toute ma sympathie. Nottamment le taciturne Transformeur. Le mystérieux Volesprit, à l'humeur changeante qui fait office d'émissaire de la Dame auprès de la troupe, l'accompagnant à maintes reprises lors de missions, et allant jusqu'à ouvrir - parfois - son coeur à Toubib, m'a également beaucoup plu. De même que la Dame en personne, cette sombre femme, glaciale mais élégante, terrifiante mais superbe, qui n'hésite pas à éliminer sa propre soeur et évincer son mari pour assouvir ses ambitions.
En résumé, une bien belle brochette de personnages hétéroclites pour ce premier tome!

En cherchant un peu, on peut trouver tout un tas de chouettes artworks
 sur le thème de la Compagnie noire!

Le mot de la fin


Le bilan de ce premier tome des Annales est un peu mitigé - mais tendant vers le positif, tout de même. Alors oui, comme je l'ai souvent entendu ou lu, c'est différent de ce qu'on trouve habituellement en fantasy, mais sans doute pas autant que je l'avais imaginé. Peut-être parce que nombre d'auteurs sont aussi passés par là, depuis, même si ça fait du bien de temps en temps d'avoir les bad guys du côté des personnages principaux. Niveau dark fantasy en tout cas, ce roman a tous les éléments de son côté, entre trahisons, magie noire, ketchup à tous bouts de champs, et absence de tout manichéisme. Cet aspect-là, et une galerie de personnages que j'ai trouvé très intéressants, j'ai beaucoup apprécié, je dois dire. En revanche, Je n'ai pas été vraiment sensible à l'humour du livre, même s'il était nécessaire je pense pour alléger le tout. J'ai également eu du mal avec le type de narration choisi, nottamment avec un début que j'ai trouvé assez confus.   J'ai tout de même sur la fin beaucoup plus accroché, et nul doute que je lirai la suite avec plaisir - elle m'attend d'ailleurs déjà dans ma bibilitothèque! Malgré un ressenti mitigé, un bon cru, donc. A lire, même s'il lui manque toujours à mes yeux un petit quelque chose pour le faire passer au rang de titre véritablement incontournable.
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Et hop, déjà une première participation pour le Challenge Dark Fantasy, organisé par Zina!


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*Les commandes Internet, c'est pour les faibles ou les jeux vidéos.**
**Je dis ça, mais en fait j'aime bien de temps en temps recevoir un beau petit livre longtemps attendu par la poste. Ça a des allures de cadeau, et puis, ça fait toujours plaisir de recevoir dans sa boîte aux lettres quelque chose qui n'est pas une facture ou de la publicité pour la boucherie du coin.
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lundi 18 août 2014

Rendez-vous (soft!) dans la PAJ d'Artalok! - [01]

(Avouez, c'est plutôt classe, non?)

En tant que "livro-blogueur" (enfin, pas que, mais zut) je suis désormais - mais juste un peu - familier avec les us et coutumes de cette partie de la toile. Un type d'articles que l'on retrouve souvent est ce qu'on pourrait appeler un "rendez-vous avec la PAL" - la "Pile à Lire" des livro-blogueurs. Le blogueur choisit un  livre de sa PAL, le présente, et en parle ainsi dans un petit article. 
Comme je ne suis pas seulement un lecteur, mais aussi un "jeu-vidéeux" à mes heures perdues, j'ai décidé d'adapter un peu le concept à ma sauce. Ce n'est donc pas un rendez-vous avec ma PAL que je vous propose aujourd'hui, mais un rendez-vous avec ma PAJ, ou Pile à Jouer, si vous préférez! Si ça, c'est pas merveilleux!

Pour ce premier article, je vous ai choisi Morrowind (2002), le troisième épisode de la série mondialement connue des The Elder Scrolls. Encensé par la critique à l'époque de sa sortie, et encore considéré aujourd'hui par beaucoup comme le meilleur de la série, il plonge le joueur dans les terres de l'île de Vvanderfell, territoire marécageux et volcanique de la province de Morrowind. Comme dans tout bon TES qui se respecte, le joueur peut errer sur la carte à sa guise, effectuer des centaines de quêtes auprès de nombreux PNJ, voire laisser de côté la quête principale autant qu'il le souhaite. Une liberté de jeu immense, donc, au sein d'un univers médiéval-fantastique aux accents de steampunk.


Après des années de jeu passées sur Oblivion, forcément, j'avais envie de changer un peu de "Elder Scrolls", surtout qu'entretemps, tout le monde était passé à Skyrim. Comme ma configuration ne me permettait pas de jouer les guerriers Vikings dans les plaines enneigées de Bordeciel, j'ai préféré me rabattre sur un autre épisode. 
Les deux premiers, Arena et Daggerfall, de par le sentiment un peu "fouilli" et "inachevé" qu'ils m'inspiraient (désolé si vous êtes des puristes, hein les cocos!) ne me tentaient guère, je me suis donc précipité sur Morrowind, après l'avoir trouvé à bas prix dans une boutique d'occazes. (On ne se refait pas!) Mais attention, édition "hits collection" d'époque, en bon état, le tout livré avec ses deux extensions, et ce pour moins de deux euros! 

"Si ça, c'est pas une affaire!", me suis-je écrié - mais pas trop fort, pour ne pas me faire jeter dehors tout de suite.

Je suis donc rentré chez moi, le jeu en main, et le sourire aux lèvres. Quelques thèmes de Jeopardy plus tard, Morrowind était installé, et n'attendait plus que je me plonge dedans.

"C'est parti!", que je m'est alors dit - alors que cette fois, j'aurais pu m'écrier, vu que j'étais tout seul chez moi.

J'ai commencé sérieusement, je me suis créé un personnage avec un petit background pas piqué des hannetons, je l'ai amicalement baptisé Spooh-Ny, j'ai un peu fait attention au choix des caractéristiques, en me basant sur ce dit-background et sur mon expérience de jeu passée; puis une fois lancé, je me suis gentiment familiarisé avec les commandes, j'ai accompli deux-trois quêtes dans la première bourgade - qui sent un peu la vase, soit dit-en passant - j'ai fait connaissance avec les PNJ (dont le fameux elfe moche), je me suis fait arnaquer par les vendeurs, bref, une vie d'aventurier, quoi. Et puis c'est là que vient le drame.
Une quête m'envoyant dans la ville voisine, je m'y suis rendu sans tarder à bord d'un insecte domestique géant. Mais arrivé à la ville, me voici complètement déboussolé, et c'est à partir de ce moment que j'ai commencé à lâcher le jeu. Qu'importe le nombre de fois que j'y reviens, je suis incapable d'aller plus loin. Il y a quelque chose qui cloche, je ne sais pas quoi.

Je ne pense pas vraiment que ce soit à cause de l'âge du jeu qui commence à se faire vraiment sentir - ou alors ce n'est qu'en partie. Peut-être est-ce plutôt au niveau de l'ambiance, des décors, de cet endroit dans lequel on m'a largué trop vite. Peut-être aussi ai-je trop joué à Oblivion, et inconsciemment, je retrouve dans Morrowind ce qui avait fini par me lasser chez son petit frère. Je ne sais pas.

Toujours est-il que je ne compte pas me laisser décourager, et que j'ai bien l'intention de finir un jour Morrowind, dussé-je attendre longtemps avant de m'y remettre. Comme ça, je pourrais ensuite crâner en société. Enfin, encore faudrait-il que j'aille voir des gens pour ça!
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Note: En fait, je triche un peu, étant donné que j'ai déjà joué au jeu, mais j'ai tellement peu avancé au final qu'on peut dire que non, n'est-ce pas? Bon, d'accord, en fait, j'ai surtout choisi la facilité pour ce premier rendez-vous...

Morrowind, le jeu dans lequel les personages
sont encore plus moches que dans Oblivion...
(si, si! c'est possible!)

Et hop, un nouveau challenge! - post-it 04



Alors que le mois d'août approche lentement, mais sûrement de sa fin, et que dehors, le temps dehors n'est pas vraiment au beau fixe*, allez savoir pourquoi, je me suis lancé dans un nouveau challenge. Il faut dire qu'il m'a "un peu" tapé dans l'oeil** parce que la dark fantasy est un genre qui m'intéresse de plus en plus depuis quelques années, et puis surtout, il me permettra de faire un peu de ménage dans ma PAL!

Introduisons tout ça pour les imbé néophytes: Mécékoi la dark fantasy?


La dark fantasy, encore aujourd'hui assez méconnue du grand public, est un sous-genre de la fantasy, qui a vu le jour il y a bien longtemps*** (on peut citer des précurseurs comme Howard, Lovecraft ou Clark Ashton Smith) mais qui s'est surtout développé en masse à partir des années 1980 (avec Glenn Cook, Stephen King nottamment). La dark fantasy se distingue de la high fantasy, entre autres, par son absence de manichéisme, des personnages torturés et rugueux comme des silex, des ambiances et univers sombres, et des intrigues généralement pessimistes, noires, réalistes, n'hésitant pas à mêler violence, manipulation, luttes de pouvoir, coucheries en tous genres (si, si! on vous assure!), réflexions sur la nature du Bien et du Mal, voire des éléments horrifiques.

Et le challenge dans tout ça?


Comme vous l'aurez habilement deviné si vous avez un peu plus de trois neurones, le challenge consiste donc à lire et chroniquer**** un certains nombre d'oeuvres relevant de la dark fantasy. Ce challenge, organisé par Zina sur le blog Les pipelettes en parlent durera un an, du 15 mai 2014 au 15 mai 2015. J'ai encore un peu de temps devant moi, donc! 

Notez qu'il existe trois catégories pour lesquelles on peut concourir:

De 1 à 5 livres > Back to black
De 6 à 12 livres > Fade to black (celle que j'ai choisie)
Plus de 12 livres > Paint it black


Pour s'inscrire et obtenir plus d'informations, on peut également se rendre ici ou .
(J'ajoute que je suis pratiquement déjà prêt à aborder le challenge, vu qu'une chronique sur le tome 1 des Annales de la Compagnie Noire est dans les cartons. Avouez que vous ne vous ne vous attendiez pas à une telle préparation de ma part, hein?)
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*Remarquez, ça ne fait rien, vous allez dire, vu que je ne sors pas de toute façon.
**Mais pas littéralement, c'eût été très douloureux. Et je ne tiens pas à sortir, vous le savez, donc il est hors de question que j'aille à l'hôpital.
****Enfin normalement, je crois que juste lire suffit (je tâcherai de me renseigner), mais je me sens un chef Barbare dans l'âme, donc je me dois de chroniquer ce que je lis pour que ça puisse compter. 
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dimanche 17 août 2014

Aujourd'hui à la barre: "Le Procès" de l'ami Kafka!


''Il fallait qu'on ait calomnié Joseph K., car, sans avoir rien fait de mal, il fut arrêté un matin. La cuisinière de sa logeuse, Mme Grubach, qui lui apportait tous les jours son déjeuner à huit heures, ne se présenta pas ce matin-là. Ce n’était encore jamais arrivé. [...] On frappa à la porte et un homme entra qu’il n’avait encore jamais vu dans la maison. Ce personnage était svelte, mais solidement bâti, il portait un habit noir et collant, pourvu d’une ceinture et de toutes sortes de plis, de poches, de boucles et de boutons qui donnaient à ce vêtement une apparence particulièrement pratique sans qu’on pût cependant bien comprendre à quoi tout cela pouvait servir.
« Qui êtes-vous ? » demanda K. en se dressant sur son lit.''
(extrait du chapitre 1)



     Infos complémentaires:
     Auteur: Franz Kafka
     Titre original: Der Process (1925)
     Traduction par Bernard Lortholary
     Edition: GF - Flammarion (1993)
     Nombre de pages: 300 pages environ



Hum.
"J'annonce donc la reprise de "Deadly Dull" en ce beau mois d'août ensoleillé (bouh!), après deux mois d'arrêt, pour le meilleur, et surtout pour le pire.", disais-je donc la dernière fois. Hum, hum.
A vrai dire, j'ai un peu tardé, et il aura donc fallu presque deux semaine pour que ne paraisse l'article suivant. 
C'est d'ailleurs un peu le destin de cette chronique, que de traverser le temps sans jamais voir vraiment le jour. Elle aurait en effet dû être complètement rédigée et publiée il y a plus de deux mois, afin de compter pour ma participation au "Challenge Kafka", mais les aléas de la vie étant ce qu'ils sont (bouh! méchants aléas!) elle ne paraît que maintenant. Enfin, "mieux vaut tard que jamais", comme disent les jeunes, aussi, il serait inutile de tergiverser plus longtemps sur ces âneries. C'est donc parti pour Le Procès, de Franz Kafka!

Dans Le Procès, nous suivons donc Joseph K., fondé de pouvoir dans une banque, qui se retrouve un matin arrêté sans
en connaître la raison. Entraîné dans les engrenages d'une justice arbitraire qui se borne à le considérer comme coupable sans qu'il n'en sache la raison, il tente par tous les moyens de trouver de l'aide, des failles dans ce simulacre de justice, afin de pouvoir prouver son innocence et se sortir enfin de ce système terrible. Mais plus il agit, et plus les mailles du filet semblent se refermer sur lui, et ce jusqu'à la fin, une conclusion terrible, qui anéantit tout espoir pour cet homme, condamné dès le début.

K., est l'archétype du modeste mais brave employé de bureau, qui se retrouve embarqué sans le vouloir dans un système impartial auquel il ne comprend rien. Et on s'attache forcément à lui - malgré le peu d'information que l'on a sur lui - le soutenant, inconsciemment ou non, dans son combat contre la dictature de cette justice impartiale. Une lutte qu'il mène seul, soutenu mentalement par le lecteur. (moi!) Il y a d'ailleurs un petit air qui me vient en tête... Pas vous? Bon, je suis tout seul alors...
Le combat de K. paraît ainsi perdu d'avance, alors que dès les premières lignes, il est déjà embarqué dans les rouages de cette administration aveugle et toute-puissante, à la fois incapable et terriblement efficace, mais également invisible et pourtant partout présente - il n'est ainsi jamais possible à K., de même qu'au lecteur, de savoir si une personne qu'il rencontre appartient ou non au tribunal. Des ambigüités qui ne rendent finalement ce système que plus terrifiant, puisqu'impossible à saisir. Et ce, autant pour K. que pour le lecteur.
Car K. semble être la seule personne sensée, raisonnable, "normale" même, dans cette société invraisemblable où tout le monde semble agir de manière illogique, décousue, alors que tous paraissent manipulés par ce système qui n'a de dirigeant que ses propres lois injustes. Ainsi, à la lecture, on se trouve finalement aussi perdu que l'est K., dans cet univers qui lui est à la fois familier et pourtant inconnu. 

Et c'est ça que j'aime chez Kafka: l'absurdité des situations, que l'on retrouve dans son écriture - ce n'est pas pour rien qu'il est considéré comme l'un des maîtres de l'absurde! Mais cette écriture, s'avère également ici terriblement oppressante, ce qui ne fait que renforcer la puissance du récit. Et pose des réflexions intéressantes, en poussant à s'interroger sur la nature de la Loi, de la Justice, et même de la culpabilité et de l'innocence, des notions qui causeront bien des ennuis à K.! Un récit intelligent, donc, appuyé par une grande écriture.

Néanmoins, puisque je ne peux décemment pas faire l'impasse sur les défauts du Procès - sinon, les autres livres vont m'en faire un pour discrimination (oh que si, ils en serait bien capables!) - je dirais tout de même qu'on sent bien par moment qu'on a affaire là à un texte inachevé qui n'était pas à l'origine destiné à la publication.
En effet, l'écriture et le rythme sont parfois (souvent?) inégaux. 
Quelques passages restent (volontairement?) trop longs et surtout, assez lourds à lire. Je pense particulièrement aux explciations de l'avocat sur le système judiciaire, qui s'étendent certes sur un seul paragraphe, mais un paragraphe de deux à trois pages, tout de même! (et écrit petit, en plus... Pfuuuh...) Vous comprendrez bien sûr - ou alors vous êtes idiots (mais je vous aime bien quand même, allez!) que j'ai trouvé ça un peu indigeste. Peut-être était-ce l'effet recherché, remarquez, mais ce genre de passages a considérablement ralenti ma lecture pendant un temps.
Et puis surtout, un chapitre demeure inachevé, au plus fort de l'action, de surcroît! 
Par ailleurs, il n'existe pas de réel lien entre les différents chapitres, si ce n'est le "fil rouge" du roman, ce qui pourra gêner certains - mais ne m'a personnellement pas dérangé outre mesure.

Le mot de la fin


Le Procès, s'il possède les imperfections d'un texte inachevé jamais destiné à être publié, n'en reste pas moins un incontournable, un classique qu'il se faut d'avoir au moins touché du doigt ne serait-ce qu'une fois dans sa vie de lecteur. Oppressant et absurde, ce récit intelligent livre également une réflexion sur la nature de la Loi, dans une société dystopique au système judiciaire tout-puissant et arbitraire. Un petit diamant brut, qui m'a parfois posé problème, mais qui en tout cas, peut se vanter de m'avoir marqué.
Notez en sus que l'édition GF, celle que j'ai lu, contient également un dossier intéressant à la fin, dans lequel on trouve entre autres quelques passages supprimés. (Par contre, pas de possibilité dans le menu de choisir sa version, VF obligatoire pour tout le monde!)
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Notez encore: les deux images au-dessus sont tirées du film de 1962, réalisé par ce gars sympa qu'est Orson Welles.

Quelques citations mûrement choisies:
"Le jugement n'intervient pas d'un coup ; c'est la procédure qui insensiblement devient jugement."
"Dans ces conditions, la défense est naturellement dans une position très défavorable et délicate. Mais c'est à dessein, là encore. Il faut vous dire que la défense n'est pas à proprement parler autorisée par la loi, mais seulement tolérée ; encore tout le monde n'est-il pas d'accord sur l'interprétation des textes législatifs qu'invoquent les partisans de cette tolérance."
"Ce que tu dis là est plausible, dit le bastonneur, mais je ne me laisserai pas soudoyer. On m'emploie pour bastonner, je bastonne."

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Et voilà une première chronique pour le Challenge Kafka! C'est une "participation posthume", certes, mais bon, tant pis!


lundi 4 août 2014

Non, le dernier article n'était pas une métaphore sur la mort du blog.

Où l'on annonce (surtout pour soi) la reprise du beulogue.


Vous savez, les copains, le temps est quelque chose de très subjectif. Lorsqu'il y a bientôt pratiquement deux mois, j'écrivais "en vitesse" (et là déjà, c'est subjectif, votre "en vitesse" à vous, ne sera pas forcément le même qu'à moi, de même que mon "en vitesse" à moi sera sans doute très différent d'une chose à l'autre) un petit article sur une réflexion autour de la mort, je n'imaginais pas abandonner ce blog pour une période si longue.
Il faut dire que tout d'abord, le mois de juin a été étonnamment chargé. Oui, même pour moi. Et puis après, j'ai eu droit a une pause s'étirant sur environ 10 jours, du temps brillamment consacré à glaner sur les forums, à regarder quelques films et vidéos, à lire - très peu - et à geeker - énormément. Pour vous dire à quel point cette période a été inhabituelle, figurez-vous que je suis même sorti pour voir des gens. Des vrais, avec de la chair, des os, et tout. Et pour couronner le tout, ces gens étaient des amis. Oui, oui, vous avez bien lu. Une période très chargée, donc.
Ont ensuite suivi deux semaines de villégiature en Nouvelle-France, comme disent les jeunes, durant lesquelles je n'avais évidemment pas le loisir d'aller titiller la toile quand bon me semblait. Et puis, la semaine dernière, j'étais encore une fois... occupé, disons. Et donc, là encore, le blog est resté sur le côté de la route, jusqu'à ce que je me décide enfin à venir le chercher.

Tout ça pour vous dire que, de une: non, je n'ai pas ressucité, pas plus que le blog, puisque cela aurait nécessité au préalable la mort des participants. Et, pour en revenir au sujet de départ: le temps est une valeur très subjective, et du coup, il est passé très vite ces derniers temps, suffisamment pour me surprendre moi-même. Parce que non, cette pause - pourtant bien méritée! (hum...) - n'étais à la base pas véritablement au programme.

Mais baste, ce qui est fait est fait, on peut donc désormais passer à la suite, et avec le sourire, s'il-vous plaît!
J'annonce donc la reprise de "Deadly Dull" en ce beau mois d'août ensoleillé (bouh!), après deux mois d'arrêt, pour le meilleur, et surtout pour le pire.


Fin de l'entracte
*le rideau se lève*